Après avoir découvert l'Ouest le we dernier, cette fois-ci nous partons vers l'est ! Direction l'Oyapock le
fleuve à la frontière entre la Guyane et le Brésil.
Notre périple devrait nous mener à St Georges de l'Oyapock (côté Guyane) où nous laisserons la voiture. Puis en pirogue nous rejoindrons Oiapoque (côté Brésil) qui se trouve à
environ 10 minutes de pirogue de St Georges. Ensuite, en pirogue toujours puis à pied à travers la forêt amazonienne, nous irons admirer (et se baigner !) le saut Maripa, l'un des
plus connus sauts qui jalonne le fleuve : 2 km de rapides sur 14 m de dénivelé !!
Sur près de 14 km, le fleuve Oyapock, deuxième fleuve (par son importance) après le Maroni (remonté le we dernier) s'emballe pour donner naissance à des rapides au coeur de la forêt
amazonienne.
Dernier jour de notre premier long we, et dernière étape de notre petit périple dans l'Ouest guyanais.
Cette fois-ci ruée vers l'or du Maroni, le fleuve, ses villages, ses tribus !
Le Maroni, fleuve roi de la Guyane, est le plus long (520 km) et le plus peuplé du pays. Il est la frontière
naturelle entre la Guyane et le Surinam. Il faut à peine un quart d'heure de pirogue pour rejoindre St Laurent du Maroni (Guyane Française) à Albina (Surinam).
Notre remontée du Maroni commença par une observation du camp de la transportation, ses anicennes baâisses, ses restes du passé colonial, ses épaves au large, un lieu chargé d'histoire...
Puis direction le Surinam !
Ce pays est anciennement la Guyane Hollandaise (qui donc avec la Guyane Française et le Guyana, ex-Guyane britannique, forme le "Plateau des Guyanes"), il a pris son indépendance
assez récemment, en 1975. De par son Histoire, le Surinam est un pays où se mélangent de nombreuses cultures et peuples, comme en Guyane.
Le passage à Albina fut très court, il n'est pas possible d'entrer davantage dans le pays sans visa.
A l'arrivée à Albina, les amoncellements de déchets sur la plage nous frappent immédiatement. Des tas d'ordures jonchent le sable. Puis de-ci, de-là des vendeurs ont installé leur
petits commerces ambulants, c'est là qu'arrivent les marchandises et les touristes en provenance de la Guyane, l'endroit est donc bien stratégique !
Après un court passage sur les terres surinamiennes retour sur le Maroni pour y découvrir des villages
amérindiens et Galibis. Ces tribus vivent là sur le bord du fleuve où ils ont installé leurs familles et leurs vies. Ils y ont batis leur vie. L'un des villages où nous nous sommes
arrêtés s'était par exemple spécialisé dans la fabrique de pirogues. Pour info, un mètre de pirogue coûte 150€ et une pirogue peut mesurer jusqu'à 15 mètres, faites le calcul !!
;)
Quel dépaysement de se retrouver là sur les bords du fleuve au milieu des villages, au milieu de rien. Ils vivent simplement, avec la nature... Comme on relativise une fois là-bas !
Et dire, qu'il y en a qui vivent encore comme ça... on a du mal à s'imaginer tout ça, dans notre XXIème américanisé jusqu'à l'os.
Cette remontée du Maroni en pirogue, ce contact auprès des populations au coeur des villages, tout cela m'a ramenée
d'un coup 10 mois en arrière... au Pérou ! Quelle joie, quel bonheur de ressentir à nouveau tous ces sentiments ressentis là-bas pendant ces deux mois au coeur de
l'Amazonie.
Ce moment sur le fleuve fut un vraiment moment de bonheur intense et de joie profonde.
Hâte d'y retourner ! Et pourquoi pas de séjourner plusieurs jours dans un village. Prohcaine étape, Apatou ? Papaïchton ? Maripasoula ? Pourquoi pas !!
Une chose est claire, la forêt amazonienne, ça me gagne....
Samedi 2 mai : St Laurent et St Jean du Maroni, crique Tatou.
Après une courte nuit mais ô combien merveilleuse à Awala Yalimapo en compagnie des tortues, nous voici de nouveau sur la route, direction St Laurent du Maroni.
St Laurent du Maroni est la deuxième ville la plus importante du pays après Cayenne, excusez-moi abus de langage (...!), du département ! C'est la capitale de l'Ouest Guyanais.
Il s'y mélange un très grand nombre d'ethnies : Amérindiens, H'mongs, Noirs-marrons (Paramaca et Saramaca entre autres), Chinois, Antillais, Créoles, Surinamais, Métro, etc. De plus la
guerre civile qui a ravagé le Surinam, pays voisin, a changé le paysage culturel et démograohique de la ville; de nombreux Surinamiens et Noirs-Marrons ont fuis pour se retrouver ici.
Enfin, il faut souligner que c'est ici que se regroupent les différentes ethnies des Noirs-Marrons qui se sont autrefois révoltés et enfuis des plantations juste avant l'abolition de
l'esclavage.
Située sur les rives du fleuve Maroni, St Laurent s'est développée avec le bagne; il est d'ailleurs possible de visiter le camp de la transportation. Cette ville est chargée d'Histoire
de par son lourd passé colonial et d'administration pénitentiaire (son architecture le rappelle aisément).
St Laurent abrite la seule rhumerie de Guyane ! Passage obligé donc lorsque l'on passe par ici !
Après une matinée à découvrir la ville ainsi que son très célèbre marché plein de couleurs et de senteurs, nous sommes partis à la découverte de la région de St Laurent, direction St Jean du
Maroni. Cette toute petite ville abrite quelques habitations au bord du fleuve ainsi que le 9ème Régiment d'artillerie de Marine, sûrement la plus grande activité de la ville !
Le soleil frappe très fort en Guyane, la chaleur est intense et fatigante, nous décidons donc de partir vers la crique Tatou, un avant-goût des chutes Voltaire, ensemble de cascades et de
paysages magnifiques.
Oui mais voilà, nous avons une petite voiture de location, ni 4x4, ni surélevée... Les routes en Guyane, se sont essentiellement des pistes en territe et pleine de trous à cause des pluies et de
la chaleur !
17 km de piste pour rejoindre la crique Tatou tant attendue afin de se rafrachir dans ses cascades. 17 km mais une bonne heure de conduite tout-terrain musclée pour éviter au mieux les trous et
les fossés. Une aventure que l'on n'est pas prêt d'oublier à coup sûr !!...
Mais quelle joie d'arriver enfin là-bas, la crique est composée de quelques petites cascades, l'eau y est bien frâiche car située en pleine forêt, le soleil perce difficilement l'épaisse couche
végétale.
A cette occsion, nous rencontrons des gendarmes et les groupes d'intervention. avec lesqueles nous discutons un bon moment et échangeons sur nos missions respectvies.
Leur présence est essentielle dans la région du Maroni (mais aussi de l'Oyapock à l'Est). En effet, la Guyane connait encore énormément d'orpaillage, légal ou clandestin.
Le sujet de l'orpaillage clandestin reste un problème majeur en Guyane. Il entraîne une sur-chasse massive qui vient déstabiliser gravement l'équilibre de l'écosystème
faunistique. La lutte contre l'opaillage clandestin est une lutte constante et très délicate.
La suite de nos aventures dans l'Ouest guyanais "3 mai, ruée vers l'or du Maroni : son fleuve, ses habitants" prochainement ICI.
Vendredi 1er mai, nous avons pris la route depuis Kourou dans notre petite voiture de location direction
l’extrême ouest du département : la commune d’Awala-Yalimapo !
2h45 de route environ pour quelques 250km. La route est en relativement bon état, selon les critères guyanais bien
sûr ! Aux environs de Mana, d’importants nids de poule et autres trous viennent titiller quelque peu les amortisseurs de notre titine qui aura fait un WE digne d’un vrai
4x4 !!
Arrivée à Yalimapo vers 13h sous un soleil de plomb, heureusement, l’avantage de ce beau pays, c’est la présence de
cocotiers quasiment partout ! Bon le risque majeur ici, c’est la chute de coco… mais avec cette chaleur, on se pose peu la question… Un ptit pique-nique rapide, car déjà la plage, s’étendant
à perte de vue et offrant une mer si belle et si chaude, nous attire.
Ni une, ni deux, nous passons la quasi-totalité de l’après-midi dans cette eau, certes légèrement marron encore (beaucoup
moins qu’à Kourou ou Cayenne !), mais particulièrement chaude !! Les 33 ou 35°C dehors nous empêchent totalement de rester plus de 5 minutes allongés sur nos serviettes.
Mais je passe rapidement cette belle et chaude, pour en arriver au but de notre venue à Awala-Yalimapo. L’observation
de la ponte des tortues luth !
Pour rappel, la plage des Hattes, Réserve de l’Amana, commune d’Awala-Yalimapo, est le plus important site de
nidification au monde de tortues luth. La période de ponte se situe entre mars et juillet. Cette année, le nombre de tortues luth est particulièrement élevé.
Nous voulions voir de nos yeux ce moment si prenant de la ponte !
Et nous avons été servis !!
Ce soir-là, la marée était haute à 21h55. Les tortues attendent la marée montante pour venir pondre en haut des plages,
cela leur permet de réduire leur trajet sur la plage et ainsi garder leur force d’une part et d’autre part réduire un tout petit peu les risques d’attaques par des prédateurs. Pour observer les
tortues pondre, il faut ainsi venir 2h avant et 2h après la marée haute.
Nous avons donc sillonné entre 21h et 1h du matin, la plage. A peine descendu, une tortue sort de l’eau. Le
spectacle peut alors commencer pour nos yeux de gamins émerveillés.
Fascinant... Plus d’1h45 de travail pour la luth pour trouver son lieu de ponte, creuser à l’aide de ses pattes
arrières son trou, y pondre ses œufs, puis reboucher et effacer autant que possible le lieu de sa ponte. Une tortue luth pond jusqu’à 80 œufs par nid !
Quel spectacle époustouflant et fabuleux de suivre ce processus de vie… la Nature est fascinante...
Pour ne pas déranger la ponte, il ne faut ni photographier avec flash, ni allumer de lampe. C’est donc à la lueur de la
lune et à quelques mètres de la luth, que nous observons avec attention et émerveillement ce spectacle qu’il nous est offert de voir.
La nuit fut riche, très riche ! Des dizaines de tortues ont tenus cette nuit-là le premier rôle, de tortues
luth mais également, pour notre plus grande joie, des tortues vertes.
Fabuleux… des images plein la tête, plein le cœur… C’est agréable de voir enfin un peu ce pour quoi nous
travaillons avec tant d’application !
Pour la suite de notre aventure dans l'OuestCLIQUEZ ICI !
Ruée vers l’or ? Pourquoi vers l’or me direz-vous ?!
Ruée vers l’or, au sens propre comme au figuré pour ce WE du 1er mai (je fais des rimes, je sais, voyez ma
forme !)
En Guyane, l’orpaillage légal mais aussi et surtout clandestin sont toujours très présents. Nombreux sont les chercheurs
d’or venus quérir le bonheur dans nos beaux fleuves guyanais.
Mais également ruée vers l’or, vers les beautés cachées et nombreuses de la Guyane. L’Ouest guyanais abrite par exemple
avec fierté, Awala-Yalimapo et sa très réputée plage des Hattes. Ce lieu, ô combien célèbre et pour cause, est le premier site mondial de nidification des tortues luth. Si ce n’est pas de l’or,
un trésor pour la Guyane, qu’est-ce donc ??!
C’est ainsi que nous sommes partis ce WE à la conquête de l’Ouest pour y découvrir « l’or » que cette région
française protège jalousement.
Pour ne pas faire des billets trop longs, je vous propose de découper ce WE en trois étapes, en suivant les trois jours
!
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